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Le chemin des 7 mers

Summary:

Le Sanctuaire d'Athéna dans les années 70. Tandis que la nouvelle génération de chevaliers d'Or prend ses marques, la vie suit son court sur l'Île parmis la multitude de ses habitants: serviteurs, soldats, recrues et autre chevaliers. Mais la vie y est souvent brève.
Surtout quand la menace d'une nouvelle guerre sainte gronde.
Et qu'il est si facile de se débarasser de quelqu'un devenu génant.

Notes:

Voici ma première fic sur l'univers Saint Seiya, dumoins la première que j'ose montrer.
J'aime travailler sur l'ambiance du Sanctuaire, et en particulier sur les problèmes de sexisme dont sont victimes les femmes, et aussi sur la violence partout présente.
Le rating pourra être reévalué en fonction des chapitres. Attention, mon rythme de publication va être assez erratique! Bonne lecture!

Chapter 1: Prologue : noyade

Notes:

Édit: c.2025 pour réécriture

Chapter Text

Grèce. Ile du Sanctuaire.

L'île bruissait de mille et un sons, cris, ahanements et criquets alors même que son sol aux rochers nus renvoyait encore la chaleur de la journée. Le crépuscule était proche mais nul dans le sanctuaire ne pensait déjà à cesser son activité. Les guerriers s’entraînaient au combat, les serviteurs s'activaient, et seuls peut être les villageois de Rodorio prenaient le temps de savourer la fraîcheur naissante de la fin du jour sur les terrasses du village.
Sur l'île, il y avait toujours des endroits désolés ou abandonnés des hommes, emplis de ruines, où s'accrochaient tant bien que mal une végétation rabougrie, grillée par le soleil. En s'approchant des falaises éloignées des bâtiments, on pouvait voir la grande étendue calme de la mer qui s'assombrissait en écho au ciel crépusculaire. C'est là qu'un combat avait conduit deux guerriers d'Athéna dans leur affrontement. La lutte commençait à s’éterniser, et un œil averti pouvait déceler dans les techniques de combat des deux adversaires qu'ils n'étaient ni plus ni moins que des disciples de Saints d'Athena.

La guerrière avait perdu son masque. A la place, une lèvre ouverte déversait un filet de sang qui courait sur le menton, le cou et allait se perdre dans le col de sa tunique de lin écrue. Elle avançait, confrontant son adversaire d'une série de coups de pieds rapides et bien placés. Les stilettos avaient été adoptés par une majorité de femmes au sanctuaire qui les utilisaient comme des dagues douloureuses pour qui savait les manier et en maitriser le fragile équilibre.
L'homme était couvert d’ecchymoses, dont beaucoup semblaient dater. Seule une trace de griffes sur son visage saignait encore, preuve s'il en fallait de la férocité des femmes du sanctuaire. Vêtu d'une tunique et d'un pantalon élimé d'un gris douteux, il avait ajouté à sa panoplie des spalières de cuir. Ce n'était pas un avantage dans un duel de cosmos mais ça pouvait éventuellement en jeter niveau look. Être un Saint d'Athéna n’empêchait pas d'être vaniteux. Et ses spalières, c'était bien tout ce que le guerrier pouvait mettre en avant. Son visage était rectangulaire, bovin, buriné par le soleil, avec un nez cassé de travers. Ses yeux d'un brun sale n'était pas des plus beaux. Il bloqua la jambe de son adversaire, et, la saisissant, y administra une torsion pour la faire tomber.
La jeune femme réussit tant bien que mal à se rétablir d'un saut de main. Reculant, elle prit une posture d'attente, ramassée sur elle même, les yeux plissés et une grimace aux lèvres. Elle darda un regard vert d'eau sur la brute qui lui faisait face. Il prit la parole, moqueur.

« Abandonne. Tu vois bien que tu n'es pas de taille ! »
« Tu peux toujours crever ! Jamais je n'abandonnerai contre toi ! »
Il eut une moue chagrine et reprit une posture agressive.
« Je ne compte pas mourir aujourd'hui... Mais j'ai d'autres projets pour toi... »
Elle n'attendit pas la suite de sa phrase et sauta pour lui donner un coup de pied fouetté sous le menton. L'homme se mordit la langue et poussa un grognement de bête blessée.
Il passa à l'attaque. Le fait qu'il n'ait jamais eu l'occasion de passer les sélections pour devenir un Saint patenté ne l'empêchait pas d'en avoir eu la formation de base... et la tatane, il connaissait. Immédiatement il fut contre elle, lui décochant une série de coup de poings dans le plexus et le creux de l'estomac. 

Elle en perdit le souffle et il en profita pour enchaîner, la bousculant, l’attrapant par un bras et la jetant à terre, pour la rouer de coups de pieds.
« Sale chienne, tu ne connais pas ta place... »
La jeune femme se reprit et roula tant bien que mal pour essayer d'éviter les coups qui pleuvaient, se protégeant avec les bras. Mais le combat durait depuis un peu trop longtemps et elle commençait à en accuser le coup.
« Tu fais ta fière, tu crois que parce que tu porte un masque et es autorisée dans les arènes tu es mon égale... mais tu n'est qu'une femelle juste bonne pour la reproduction. Et si tu ne veux pas de moi... »
Alors qu'elle tentait de se redresser, il la saisit par le cou pour la relever brutalement, collant son visage aux yeux furieux contre celui de la jeune femme.
« … tu ne sers à rien... et tu ne servira à personne d'autre... »
Elle sentit malgré la douleur et l'étourdissement dus aux coups la peur envahir sa poitrine en ondes froides dans le dos. Il la traîna sans ménagement vers la falaise. Elle se débattit mais c'était peine perdue.
Les larges mains de l'homme assurèrent leur prise sur le cou et la soulevèrent en l'étranglant. Elle se débattit, elle griffa les mains de l'homme mais il était véritablement trop fort, et elle trop affaiblie. Sa vue commença à  s’obscurcir alors qu'elle suffoquait.
« Adieu Verka. Je ne te regretterai pas »

Il la lâcha.

Avec horreur, la jeune femme tomba de la falaise, en direction des rochers et de la mer qui s'y écrasait en rouleaux légers . 

Elle tendit la main vers le sommet de la falaise qui s'éloignait,  tout en luttant pour récupérer son souffle. La mer fut assez clémente pour l'accueillir loin des rochers, prolongeant sa chute dans ses profondeurs.
Elle sombra, et une bienheureuse perte de connaissance lui épargna la sensation de respirer l'eau.
Et tandis que son corps était avalé par les eaux sombres, son meurtrier contemplait le spectacle d'un air faussement triste dont il ne restait plus trace quand il se détourna vers la route menant au cœur du Sanctuaire. 

Des femmes, il y en aurait d'autres. Des plus faciles.