Chapter Text
Draco soupira une énième fois (la huitième pour etre précis, Pansy avait compté) depuis le debut du repas, toujours plus dramatique et long que le précédent.
Son souffle souleva légèrement les quelques mèches de cheveux qui caressait son visage.
De l'autre côté de la grande Salle, Harry Potter, aka le Survivant, aka l'homme le plus sexy que Draco n'est jamais vu, riait aux éclats avec ses deux meilleurs amis. Si craquant.
- Cette fois ça suffit. Gronda Pansy en tapant fort du poing sur la table.
Le choc, au delà de faire rebondir les assiettes autours d'elle, eut le mérite de faire légèrement sortir de sa transe le blond assit à sa gauche, et de mettre Goyle au garde à vous, muer par un drôle de réflexe.
En fait, comme chacun d'eux Goyle avait gardé des séquelles de la guerre.
Le moindre cri ou haussement de ton le faisait se redresser comme un piquet, autant en alerte qu'aux abois. Et par la même, tout objet entre ses mains effectuait un vol plané de surprise.
Cette fois-ci, ce fut un pilon de poulet à moitié mangé qui finit sa course dans l'assiette d'un pauvre Poufsouffle, éclaboussé au passage.
Malfoy tapota gentiment la main de Goyle.
• La la.. Souffla-t-il avant de fusiller sa meilleure amie du regard. Tu sais bien qu'il est sensible au bruit.
La brune leva les yeux aux ciel.
• Excuse moi, Goyle. Mais franchement, j en ai marre de tes soupires à fendre l'âme ! Arrête de ruminer et va lui déclamer ton amour !
Draco rougit sensiblement et se redressa à son tour.
• Je vois pas de quoi tu parle.
Pansy se pinça l'arrête du nez devant l'air buté de son meilleur ami. Sa pseudo fierté mal placé lui fichait les nerfs.
• Je parle de ton obsession pour ce putain de survivant. T'es un Malfoy, Merlin ! Ou est passé ton assurance ? Ou es passé ta verve légendaire ? Tu as passé six années à le faire chier et maintenant t'es incapable de l'inviter à te lécher les agmidales ?
Draco rougit de plus belle en entendant le ricanement de ses amis.
• Mooossieur est bien trop habitué à ce qu'on lui cours après pour faire le premier pas, ajouta Blaise qui commençait à trouver la discussion amusante.
• Désolé d'être canon, grogna le blond.
• Alors tu n'as aucune excuse. Gronda Pansy.
• Si, il est pas habituer à se faire rejeté. Il a peur. Siffla Théo.
Draco prit un air effarouché qui fit rire de plus belle la bande de serpent.
• Je n'ai pas peur. Simplement, je ne suis pas si intéressé que ça. D'accord il est plutôt mignon mais -
• Et il a un cul d'enfer, le coupa Blaise.
• Et ses cheveux en bataille sont si adoraaable minauda Pansy en l'imitant.
• Puis ses yeux vert émeraude sont si profond on dirait de véritables pierres précieuses ! Renchérit Theo.
• Ha oui je me souviens qu'il a dit ça la dernière fois, songea Goyle. Et un truc sur le fait que le Quidditch avait terriblement développé sa musculature.
La bouche de Draco s'ouvrit et se ferma plusieurs fois avant qu'il ne se résigne à ne rien dire et partir de la grande Salle, emportant une pomme sur la route.
• Il est vraiment impossible, souffla Pansy.
Évidemment, à cause de la guerre certains étudiants de Poudlard n'avait pu passer leurs ASPIC.
Pour y remédier, le Directeur de l'école, Severus Rogue, avait aménager une sorte de classe de huitième année avec les étudiants qui avaient accepté de finir leur cursus.
Pour ne pas qu'ils soient dérangé par les plus jeunes, ils avaient droit à un dortoir à part, pour chaque maison.
Draco, Pansy, Goyle, Théodore et Blaise en partageait un. Dire que peu de Serpentard avait décidé de revenir aurait été un euphémisme. La plupart si pas mort, n'osait y remettre les pieds, ou bien avait préféré faire leur deuil avec la famille qui leur restait.
C'etait Pansy et Théo qui avait réussi à convaincre Draco et Blaise de revenir, et Goyle n'avait fait que suivre le blond. Depuis la fin de la guerre, ce dernier ne le lâchait pas d'une semelle.
Leur relation avait drastiquement changé. Plus de hiérarchie débile, plus de faux semblant.
Parfois au plus grand malheur de Malfoy, comme aujourd'hui.
• Draco Malfoy aime Potter de tout son cœur. Grogna-t-il.
Et la statue Centaure du dortoir s'ouvrit pour le laisser passer.
Bon les gars arrêtez de changer le mot de passe toutes les semaines j ai compris le message ! S'enerva le blond.
• Vraiment ? Alors tu va lui avouer ton amour ? Demanda Pansy, affalé sur un fauteuil de la salle commune.
• Allez vous faire foutre ! Cria-t-il avant de s'enfermer dans sa chambre.
Blaise ricana.
• C'était quoi déjà celui de la semaine dernière ?
• Potter a le plus beau cul de Poudlard, répondit Goyle.
Et ils éclaterent tous de rire.
• Allez Draco, sort de là !
• Ouai, ça suffit maintenant ! Ça fait trois jours ! Souffla Blaise.
Une sorte de grognements plaintif fut la seule réponse.
Excédé, Pansy tira d un coup sec sur la couverture qui recouvrait Draco, en boule dans son lit.
Celui releva vivement la tête.
• Hey ! Rend la moi !
• Nan. Tu va sortir de ton putain de lit et venir à la grande Salle pour manger !
• Veux pas. Bouda le blond en croisant les bras sur son torse.
Il se laissa retomber sur son oreiller.
• Laissez moi mourir en paix, se plaigna-t-il d'un air dramatique. Ma vie est foutue.. J'ai souillé à jamais l'honneur des Malfoy… (sanglots)
• Sans vouloir te vexer, je pense que l'honneur de ta famille à déjà prit cher avec la guerre. Et puis franchement c'est pas un drame !
• C'est vrai, ça nous arrive à tous de déconner un peu quand on a trop bu, voulu le rassurer Goyle.
Draco renifla.
• Et puis je t'assure que c'était pas si terrible que ça. En plus Potter aussi avait bu, je suis sur qu'il a oublié la plupart de tes conneries. Tenta Blaise.
• Tu crois… ? Chuchota Draco.
Pansy s'assit sur le bord du lit.
• Mais oui, c'est sur. Et puis il n'y avait presque personne à cette fête. Et puis merde, prends toi en main !Tu es Le prince des serpentard ! Tu va te lever, te rendre présentable - parce que là franchement - et tu va dignement te rendre à table ! Et si quelqu'un fait un commentaire je te promet de lui jeter un sort cuisant.
Draco se releva, les yeux bouffis, les cheveux en bataille et le teint encore plus pâle. Il faisait peine à voire.
Malgré tout, un éclair de résignation passa dans ses yeux.
• Vous avez raison. Qu'ils aillent se faire foutre ! Personne, pas même moi même ne peux entacher mon image parfaite !
Malgré les encouragements de son groupe d'ami, Draco s'arrêta devant la porte de la grande Salle, un début de nausée. Goyle lui tapota gentiment le dos.
Le blond prit une grande inspiration et avança.
Je suis le bouddha. Rien ne peut m'atteindre. Je suis parfait et intouchable. Je suis le bouddha, se répéta-t-il en boucle.
A peine eut-il fait quelques pas qu'une voix l'interpella.
• Tiens, un revenant !
• Je commençais à m'inquiéter, lui dit Harry en s'approchant, non sans une pointe d'ironie dans la voix.
Le blond se paralysa.
• Herm… J'étais un peu malade.
• Rien de grave j'espère ? Demanda-t-il, le sourire au lèvre.
Draco sentit ses oreilles chauffés.
Rien ne peut m'atteindre, rien ne peux m'atteindre.
• Juste un petit rhume, grogna-t-il en feignant l'indifférence. Si ça ne dérange pas sa sainteté le Sauveur, je vais aller à ma table.
Alors qu'il allait pour se retourner…
• Ho, rien à voir avec la soirée de samedi alors. Tu m'en vois rassuré.
Draco se tendit.
• Je ne vois pas de quoi tu parle. Dit il froidement.
• Vraiment ? Sussura Harry à son oreille.
Il était bien trop proche et son souffle chaud contre sa nuque le fit frissonner.
• J'espère que ce n'est pas à cause de ton strip-tease que tu as attrapé froid. Je m'en voudrai.
Draco se sentit défaillir. Derrière, Pansy fit signe aux autre de s'en aller.
Traitre ! Pensa-t-il en les fusillant du regard.
Blaise haussa les épaules l'air de dire “ pas ma guerre” en s'éloignant.
Draco se retourna finalement vers le Survivant, rassemblant le peu de courage qui lui restait.
• Je ne vois pas de quoi tu parle, répéta-t-il, détachant exagérément chaque syllabes.
• Tu ne te rappelle pas ? Que c'est triste… souffla Harry, faussement innocemment. Je devrais peut-être te rafraîchir la mémoire dans ce cas.
Le blond aurait voulu fuir et retourner se cacher dans son dortoir jusqu'à la nuit des temps mais son corps refusait de lui obéir. Son corps était tellement raide que sa respiration peinait à fonctionner.
• Écoute Potter… bafouilla-t-il. Je heu… J'avais beaucoup bu et toi aussi, je crois pas -
• A vrai dire, je ne savais pas que tu étais aussi souple, le coupa-t-il, détendu. Enfin jusqu'à ce que Blaise m'explique que tu as prit des cours de ballet étant petit. Je pense que ton père aurait été surpris de l'utilisation que tu en as fais l'autre soir sur mes genoux. Très impressionnant, cela dit.
Si Draco avait pu devenir encore plus pâle, il se serait transformer en fantôme. Le sourire de Potter s'élargit encore plus. Et la distance entre eux réduisit tout autant.
• Cela dit je vais pas te mentir, j'ai un peu été déçu par la fin. Pas que je t'en veuille de m'avoir vomi dessus, mais quand tu m'as dis que j'en aurai pour mes gaillons, ce n'est pas exactement ce que j'avais envisagé.
A ce stade, Draco se demanda s'il n'était pas en train de faire une sortie de corps.
Le pire, Potter semblait tout à fait indifférent à l'humiliation qu'il lui infligeait. Non content de lui mettre un râteau en publique, il fallait qu'il se foute de sa gueule.
Le brun pencha son visage vers lui et murmura :
• Ce soir, 21h dans ma chambre. Et cette fois j'espère bien avoir droit à la représentation complète.
Draco resta interdit alors qu'Harry s'éloignait en lui faisant un clin d'oeil aguicheur.
Goyle devisageait étrangement Draco assit en face de lui.
• Il lui arrive quoi ? Demanda-t-il aux autres.
Pansy soupira et haussa les épaules.
Le blond n'avait rien mangé ni ouvert la bouche depuis qu'il les avait rejoint a la table des Serpentards, seul un sourire particulièrement niais ne décollait pas de son visage.
