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I'd unfuck you if I could (I'd unlove you like I should) - FR

Summary:

As-tu jamais vraiment été à moi ?
Ou est-ce que j'étais juste une case à cocher pour atteindre tes rêves ?

ou bien
Un one-shot vikjayce écrit tout spécialement pour le thème 'Lovers to enemies' du mois d'Août sur le discord Jayvik FR

Notes:

Titre tiré de la musique Turbulent - Waterparks

Work Text:

A quel moment le corps de Viktor au-dessus du sien est-il devenu un synonyme de danger ? de contrôle et de rage ? Quand a-t-il cessé d'être un gage de sécurité, de réconfort ?

Quand les tendres caresses se sont-elles muées en griffures hargneuses ?

Quand la main —désormais métallique— autour de son cou a-t-elle commencé à faire accélérer son cœur pour une toute autre raison qu'au temps ou il vivaient ensembles, dans un appartement bien trop petit dans le centre de Piltover ?

Le renvoi de Viktor et le retrait de son nom de tous leurs brevets ?

Si seulement ça pouvait être aussi simple…

Des mois auparavant déjà, sa neutralité dans le scandale avec Stanwick n'avait pas manqué d'entacher sa relation avec Viktor.

Oh leur relation physique avait perduré.

Mais pas la tendresse. Pas la confiance.

Le jour ou il avait décidé de rester silencieux face à la totale injustice qui avait frappé son meilleur ami et amant, Jayce avait aussi perdu la chose la plus précieuse à ses yeux. Le respect de Viktor.

Et si j'avais pris sa défense ce jour là ?

Et si j'avais mis de côté mes propres ambitions pour une fois ?

V serait-il encore à mes côtés ?

Voilà des années que Jayce s'interdit de telles pensées.

Car elles le détruiraient sûrement. Aussi sûrement que le rayon pointé sur son cœur.

Ca ne dure même pas une seconde, mais la pensée traverse pourtant son esprit:

Et si, cette fois, je laissai faire ?


Jayce ne se protège pas.

Putain, pourquoi Jayce ne se protège pas ?

A travers le viseur, Viktor croise le regard du Défenseur adulé de Piltover et y voit quelque chose de bien plus terrifiant que de la haine.

Une reddition.

Alors que ses systèmes s'affolent pour réguler ses émotions, et que Viktor s’apprête à interrompre le tir— Jayce donne enfin un coup dans le bras articulé.

Ce regard et ce délais.

Viktor a du les imaginer.

Le remord est une émotion tout à fait inconnue pour le Défenseur de demain.

Après tout, s'il a fallu des mois à Viktor —et une quantité innommable d'agents chimiques— pour guérir du fléau qu'est Jayce Giopara, il n'a pas fallu plus de quelques jours pour que ce dernier passe à autre chose.

Acclamé par le conseil. Cédant à tous les caprices du clan Ferros. Toujours bien accompagné en public.

As-tu jamais vraiment été à moi ?

Ou est-ce que j'étais juste une case à cocher pour atteindre tes rêves ?


C'est presque surréaliste. La ligne qu'il a bien failli franchir.

Si Caitlyn l'apprend un jour, Jayce s'imagine déjà regretter de ne pas avoir laisser Viktor l'achever ici…

Et pourtant, pendant un instant, plus court que l'espace entre deux battements de cœur, Jayce jurerait avoir vu Viktor hésiter.

D'un coup, c'est comme si toute l'adrénaline de la confrontation retombait. Laissant seulement une fatigue, et un vide si grand qu'il lui arracherait presque des larmes.

Jayce en a assez.

Assez des demandes toujours plus extravagantes et moralement questionnable d'Albus Ferros.

Assez de son image, dorée, trop polie, à Piltover.

Assez d'être l'homme qu'on respecte mais dont personne ne veut s'approcher.

Mais plus que tout, il en a assez de ce conflit vides de sens, qu'il a forgé de ses propres mains. Ce conflit qui le force à lever une arme contre la seule personne avec qui il a jamais pu ressentir une réelle connexion.

A chaque fois qu'ils se rencontrent ainsi, une partie de lui aimerait se jeter aux pieds de Viktor pour implorer son pardon. De le supplier de lui accorder de faire partie de sa vie à nouveau, autrement que comme un ennemi.

Et à chaque fois, sa fierté le retient. Puis, vient la rancœur.

Car Jayce est peut-être un lâche, mais il n'est pas un meurtrier. Il n'a jamais tenté de tuer Viktor. N'en a même jamais eu l'intention. L'inverse n'est pas vrai, et Viktor continue de lui prouver encore et encore.


Alerte Système: Limite des suppresseurs atteinte. Continuer représente un risque pour la santé du porteur. Confirmez vous l'opération ?

Annuler Confirmer

Derrière le masque, Viktor bouillonne. Jayce est tout ce qu'il déteste. La seule personne capable de lui faire ressentir des émotions qu'il pensait longtemps oubliées. Colère, peur, douleur, ressentiment, et plus terrible que tout, l'écho de l'affection.

Un singularité. Sa pire faiblesse. L'antithèse même de son but.

"Confirmer." Il finit par lâcher.

Et quand ses mains se referment autour du cou de son adversaire, il ne connait plus l'hésitation.

Ou en tout cas, c'est ce qui se passerait, s'il n'était pas surpris par un projectile sur le côté de son masque.

Un allié du Défenseur qu'il aurait failli à repérer ?

Viktor lève les yeux, et ce n'est pas un garde Piltovien qui croise son regard, mais plutôt les yeux azures et embarrassés de Naph, sur un toit avoisinant.

A sa gauche, une fille à peine plus âgé que lui et aux couettes blondes fusille Viktor du regard, une pierre dans chaque main.

"Laisse le tranquille !"

Jayce se dégage de sa prise, son toucher comme une brûlure sur l'avant bras de Viktor qui demeure humain.

"Amaranthine ?! Qu'est-ce que tu fiches ici ? C'est beaucoup trop dangereux, sauves toi bon sang!"

"Et te laisser te faire tuer ?! C'est hors de question."

"Hum Ama…" commence le garçon à ses côté.

"Naph, si tu veux bien t'expliquer" coupe Viktor.

"s'ilteplaitnetuepaslepèredemonamiemonsieurmachineherald"

Attendez...quoi...?

Jayce se redresse, les mains serrées sur la hampe de son marteau. Viktor ne peut pas le voir sous les gants en cuir brun, mais il imagine très bien les phalanges blanchir sous une telle force.

Et ce serait facile de confondre la panique dans son regard pour de la colère, mais voilà qu'il abaisse son arme, ses yeux devenant juste suppliants.

"Je t'en pris, Viktor, laisse les en dehors de ça. Prend ma vie, je m'en fiche. Et ça fait bien longtemps que je m'en fiche… Mais ne t'en prend pas à Amaranthine… ou à…Naph, c'est ça ?"

Viktor ne ressent pas de colère. Preuve que sa technologie est irréprochable, et son idéologie, supérieure. Libéré du joug des émotions, il ne réagit pas violemment face au total irrespect dont le Défenseur fait preuve avec ses insinuations.

"Contrairement à ce que toi, et ton précieux conseil pensez, je ne suis pas un monstre. Je ne vais pas m'en prendre à des enfants, et encore moins à mon apprenti."

"Oh— Euh… c'est une bonne chose—"

"Alors tu as une fille maintenant ? Qui est l'autre heureux parent ?" et non, ce n'est pas de la jalousie. C'est désormais impossible, après tout.


Ce doit être une blague de l'univers. Il n'y a pas d'autre raison pour que Viktor lui pose une question aussi ridicule seulement quelques instants après avoir, une nouvelle fois, tenté de le tuer.

"Pas que ça te regarde, mais j'ai adopté Ama' tout seul."

Son foutu masque ne trahi rien. Qu'est-ce que Jayce donnerait pour revoir ses yeux ambres et pas deux fentes rétro-éclairés et dénuées de toute émotion.

Un temps de silence. Deux. Avant que Viktor prenne enfin la parole.

"Je propose qu'on en reste là pour aujourd'hui."

"Attends, vraiment ?"

"Je ne vais pas mettre en danger des civils." Viktor semble hésiter, mais c'est dur à dire à travers le masque. "oh et Jayce ?"

C'est la première fois que Viktor l'appelle par son prénom aujourd'hui. En fait, c'est la première fois qu'il l'appelle tout court.

"Qu'est-ce qu'il y a ?"

"J'ai peut-être été trop hâtif aujourd'hui…. Je suis… reconnaissant que nous ayons été interrompu."

Ce n'est pas une réconciliation, loin de là.

Mais Jayce peut toujours espérer.

 

FIN