Chapter Text
La bataille de Poudlard était terminée depuis un mois, et l’heure était désormais à la reconstruction du château.
Hermione toussota, soulevant un nuage de poussière, puis leva sa baguette pour illuminer la pièce qu’elles venaient de dégager. La lumière révéla des pierres encore noircies par les sortilèges, qui exhalaient une odeur âcre, mélange de brûlé et de renfermé.
— Une autre salle condamnée… soupira-t-elle. Il faudra la signaler pour la restauration.
Derrière elle, Fleur, qui observait en silence, plissa soudain les yeux avant d’éclater d’un rire clair, presque musical. Hermione fronça les sourcils, perplexe, jusqu’à ce que son regard suive celui de Fleur et se fige sur les objets accrochés aux murs.
Des chaînes pendantes, rongées par la rouille. Des lanières de cuir encore suspendues à des crochets. Et, dans un coin, un étrange cadre en bois, dont la fonction échappait totalement à Hermione… mais qui évoquait tout sauf un usage académique.
Hermione sentit ses joues s’embraser.
— C-ce n’est pas ce que ça a l’air d’être ! Il y a forcément une explication historique !
Fleur, toujours hilare, s’avança et attrapa un long fouet couvert de poussière. Elle le fit claquer dans l’air d’un geste trop habile pour qu’Hermione reste parfaitement sereine.
— D’après Poudlard, une Histoire, lança-t-elle avec un accent moqueur, c’était autrefois un donjon sexuel.
Hermione se raidit, horrifiée.
— Fleur Delacour ! Tu… tu n’as pas lu Poudlard, une Histoire ? C’est une source fiable, respectée, et jamais… jamais elle n’évoquerait ce genre de… de dépravation !
Fleur riait à en perdre haleine, si fort qu’elle avait du mal à tenir le fouet correctement.
— Ma chère, si je me fie à ce que je vois, ton précieux livre a peut-être simplement oublié un chapitre… disons… plus croustillant.
Hermione croisa les bras, le menton haut, mais son regard finit malgré elle par dériver vers une paire de menottes rouillées, posées de travers sur une table branlante. Elle se mordit la lèvre, mal à l’aise.
— Peut-être… peut-être que c’était une salle de punition… Une sorte de cachot… éducatif ? hasarda-t-elle d’une voix un peu trop aiguë.
Fleur arqua un sourcil, ravie, un sourire carnassier étirant ses lèvres.
— Éducatif, répéta-t-elle lentement, d’un ton qui laissait deviner tout sauf l’innocence.
Hermione détourna les yeux, mais son imagination commençait déjà à broder. Peut-être que… non. Non, impossible. Et pourtant, l’idée d’un chapitre manquant dans son précieux manuel la chatouillait étrangement.
Fleur s’approcha, balançant nonchalamment le fouet sur son épaule, l’air faussement innocent.
— Tu sais, chérie, je pourrais t’aider à vérifier…
Hermione rougit jusqu’aux oreilles.
— Ce n’est pas… ce n’est pas sérieux ! Nous avons du travail, Fleur. Du travail important !
— Bien sûr, bien sûr, répondit Fleur d’une voix douce, ses yeux rieurs pétillant d’espièglerie. Mais avoue… ce serait amusant, non ?
À sa propre surprise, Hermione sentit ses lèvres s’étirer en un sourire. Elle saisit les menottes entre ses doigts et les fit cliqueter doucement.
— Peut-être… qu’il faudrait interroger les portraits, pour savoir si cette pièce a vraiment servi… à ça.
Fleur éclata d’un rire clair avant de déposer un baiser rapide sur sa tempe.
— Ah, Hermione, tu es incorrigible. Même dans un donjon rempli d’objets… très suggestifs, tu trouves encore le moyen de penser à l’authenticité historique.
Hermione resserra son emprise sur les menottes, les joues en feu, mais son sourire s’élargit malgré elle.
— Eh bien… disons que je suis prête à mener une enquête approfondie.
Fleur lui lança un regard flamboyant, promesse muette de découvertes à venir.
Et, pour la première fois depuis longtemps, les ruines de Poudlard résonnèrent d’un éclat de rire complice, léger comme une victoire retrouvée.
