Actions

Work Header

Mettre sa main au feu

Summary:

Que ferait Aramis pour sauver Athos ?

Notes:

Celle-là, je l’ai vraiment prise au premier degrés. Pour le meilleur, et surtout pour le pire. Mais comment résister à l’envie de blesser Aramis après une longue journée ?

(See the end of the work for more notes.)

Work Text:

Ce jour-là, Athos et Aramis devaient livrer une lettre à un noble dans les environs de Paris. Ils mirent à peine une demi-journée pour y arriver, et pénétrèrent au grand trot dans la cour du petit château du marquis de Villabé.

Celui, une fois prévenu, vint en personne récupérer le pli.

« Il parait que ça doit être important, si des Mousquetaires du Roi se déplacent »

Il décacheta la lettre sans attendre et fronça les sourcils. Le contenu ne devait pas être à son gout.

« Connaissez-vous le contenu de cette missive ?

— Non » répondit Athos.

Ils ne savaient jamais le contenu des lettres qu’ils livraient, se contentant de jouer les facteurs aveugles et muets. Sourds, également.

« Restez ici, grogna le marquis, je dois répondre »

Bien qu’on ne leur ait pas parlé d’une réponse, les deux Mousquetaires attendirent à coté de leurs montures. Par chance, un domestique vint les prier de rentrer dans le château. Athos y entra avec une pointe de méfiance, parce qu’il n’avait pas oublié la réaction du marquis à la lecture du message du roi.

Ce ne fut que pour leur proposer une collation, et les laisser dans une antichambre. Ils y restèrent seuls.

Une heure passa, puis deux. Athos commença à trouver le temps long et partit faire une tournée d’inspection du château. Son instinct lui disait qu’il se passait quelque chose d’étrange.

Aramis n’était pas entièrement d’accord pour qu’Athos parte seul, mais le laissa tout de même faire. Au bout de vingt minutes, il commença à penser qu’il y avait un problèmes et, hésitait à partir à sa recherche.

Cinq minutes plus tard, il se décida et quitta à son tour l’antichambre.

Le couloir était désert, mais des voix provenaient d’un salon. Aramis reconnut sans peine celle d’Athos, et eut une hésitation avant de reconnaitre celle du marquis. Il était sur le point de retourner dans l’antichambre, rassuré, quand il entendit qu’Athos prononçait son nom. Pourquoi Athos parlerait-il de lui au marquis de Villabé ?

Il s’approcha à pas de loups. Enfin, ce qu’il espérait être des pas de loup, c’était dur de  marcher silencieusement avec des éperons.

« Je crains que votre ami ne soit arrivé » s’amusa le marquis.

Comprenant qu’il était découvert, Aramis entra dans la pièce. La première chose qu’il vit fut Athos, attaché à une chaise près de la cheminée. Une ecchymose sur son visage prouvait qu’il ne s’était pas laissé capturé sans se défendre. Inutilement, hélas.

« Votre roi me dit ici que je suis coupable de haute trahison à cause de ma correspondance avec l’Espagne. Je suis sommé d’arrêter. Savez-vous que je luis réponds, à votre roi ?

— Bien sûr, Votre Majesté, je suis votre fidèle serviteur » répondit Aramis en mimant une voix de courtisan docile.

Cela n’eut pas l’air de plaire au marquis.

« On m’a toujours vanté la solidarité des Mousquetaires du Roi »

Aramis ne l’écoutait que d’une oreille, comptant le nombre de serviteurs, tous armés, dans la pièce.

Neuf. Aucune chance de les battre, même s’il parvenait à délivrer Athos.

« Vous pouvez partir, Aramis, si tel est votre nom, continua le marquis. Mais celui-ci reste »

Aramis croisa le regard d’Athos et y lut un appel à s’en aller sans se retourner. Mais le marquis avait raison sur un point : un Mousquetaire n’en abandonnait jamais un autre. Et Aramis n’allait certainement pas commencer aujourd’hui.

« Connaissiez-vous le contenu du message que vous m’avez remis ?

— Nous vous avons déjà répondu que non.

— Avez-vous eu l’ordre de m’arrêter, au cas où je réagirai mal ?

— Non » soupira Aramis.

Il examina la position des hommes armés du coin de l’oeil. Si il commençait par celui près de la fenêtre, et qu’ensuite… Non, il n’y avait pas la moindre possibilité de gagner en combattant, il serait invariablement fait prisonnier.

« Si vous y mettez votre main au feu, je vous autoriserai à partir avec votre ami.

— Et si je le jure sur mon honneur ?

— Votre main au feu suffira. D’ailleurs, il y en a un dans la cheminée »

Aramis comprit seulement à cet instant ce que le marquis avait sous-entendu en parlant de solidarité. Voulait-il vraiment, réellement qu’Aramis mette sa main au feu en échange de la libération d’Aramis.

« Aramis, je t’interdis de faire ça ! » protesta Athos.

Sauf qu’il ne l’écoutait plus. Des brulures graves étaient inévitables. Il risquait également de perdre la main, ou pire; une gangrène. Mais c’était Athos qui était en danger. C’était son frère. Que n’était-il pas prêt à faire pour son frère ?

« Aramis ! »

Le Mousquetaire s’agenouillait déjà au pied de la cheminée, voulant en finir le plus vite possible. Avant que la peur qui lui tordait le ventre ne le convainque d’abandonner.

« La main droite » exigea le marquis.

Pour ce que cela changerait pour Aramis…

Aramis tendit le bras et serra les dents quand sa peau entra en contact avec les flammes.

Ça allait faire mal.

Cela fit mal, effectivement. Il lui fallut toute sa volonté pour laisser sa main dans les flammes, pour ne pas crier de douleur et pour retenir ses larmes de souffrance.

Sa main était noir, brulé, quand il la reprit finalement. Il s’affaissa, recroquevillé autour de son avant-bras. C’est fini, tenta-t-il de se convaincre. En vain.

Il entendit à peine quand Athos fut libéré, et était à peine conscient quand Athos l’aida à se relever pour s’en aller.

Il s’évanouit au milieu du couloir.

Notes:

J’ai l’impression de dire ça à chaque fois, mais Aramis est SOIGNÉ et il n’a PAS DE SÉQUELLE. Parce que blesser Aramis, c’est amusant, mais le mutiler à vie beaucoup moins. Comment voulez-vous qu’il fasse des trucs avec Porthos sans main droite ?

Series this work belongs to: