Work Text:
24 décembre 2037, Gartencenter Seebauer, Munich
"Allez, on a terminé, on peut rentrer maintenant. Je t'aide avec le sapin, Michael ?"
Yoichi soupira en voyant son mari décliner son offre, s'évertuant à mettre le sapin, fraîchement payé, sur le capot de leur voiture. Il leva les yeux au ciel en voyant l'Alpha grimacer, s'avança pour l'aider à attacher fermement l'arbre avec les effets nécessaires.
"Yoichi tu ne peux pas trop forcer n'oublie pas, le sermonna aussitôt Michael. À ton âge, c'est plus compliqué de se remettre de l'accouchement."
"Je vais très bien, merci ! répliqua vivement Yoichi, piqué au vif. Puis, tu pouvais pas aller chercher le sapin tout seul, et mon père n'est plus en état de porter des choses aussi lourdes."
Il jeta brièvement un coup d'œil sur l'un des vendeurs de la pépinière - un Omega d'une vingtaine d'années - resté silencieux durant tout leur échange. Il plissa les yeux, n'ayant pas loupé la façon dont l'autre observait son compagnon, ne se gêna pas pour le fusiller du regard.
"Vas poser tes yeux ailleurs, il est marié et très heureux, pigé ?" grogna-t-il, laissant ressortir ses phéromones, l'air menaçant.
Un sentiment de satisfaction l'envahit en voyant son congénère reculer et partir, pour laisser le responsable de la pépinière gérer leur départ. Il ignora la façon dont Michael le dévisageait tout en discutant avec le Beta, celui avec qui ils faisaient toujours affaire pour la réservation de leur sapin de Noël, et d'autres choses liés à la botanique, depuis maintenant près de dix ans.
"Il ne vous faut rien d'autre, messieurs ? s'enquit le vieil homme lorsque Yoichi revint du côté de son mari. Au fait, j'avais mis de côté un petit quelque chose pour votre petite famille. Ça ne rattrapera pas le comportement de mon nouveau vendeur, certes, mais ..."
Yoichi acquiesça d'un petit signe de tête et accepta le sac en papier du Beta, l'air embarrassé.
"Merci. Ce n'était pas la peine de vous tracasser autant pour ça, monsieur Müller. Et..."
Il ravala la remarque acerbe envers l'autre Omega, parfaitement conscient que sa réaction était en partie due à ses hormones, encore chamboulées par son accouchement. Même si ça faisait bientôt trois mois depuis l'arrivée de leur deuxième fille, il ne pouvait s'empêcher de défendre ce qui était à lui, que ce soit ses petits ou son compagnon.
"Nous devons y aller, finit il par dire. Merci pour le petit cadeau, passez de bonnes fêtes."
"Bonnes fêtes à vous..." répéta machinalement Michael.
"Bonnes fêtes à vous aussi ! salua joyeusement le Bêta. Et revenez quand vous voulez !"
Le couple le salua une dernière fois et alla s'installer à l'intérieur du véhicule, tous deux impatients de rentrer enfin chez eux.
"J'espère que Romi ne s'est pas réveillée pendant notre absence, soupira Yoichi tout en attachant sa ceinture de sécurité. Elle ne devrait pas tarder à vouloir manger... ajouta-t-il, grimaçant légèrement quand il posa une main sur sa poitrine, gonflée à cause de la montée de lait. Ça commence à me gêner..."
"Si tu veux, je peux te soulager un peu avant qu'on rentre... proposa Michael, l'ombre d'un sourire sur ses lèvres. Je te l'ai déjà fait plusieurs fois quand tu étais sur le point d'accoucher, pour nos trois enfants."
Il ricana au coup de poing de son compagnon, plutôt faible selon lui, qu'il reçut sur l'épaule.
"Tu es impossible... le gronda Yoichi, les joues rouges en se rappelant comment se terminait toutes les fois où son mari s'occupait de lui ainsi. Ce n'est plus à toi, maintenant, alors calme toi avec ça."
"Comme si ça ne t'avait pas plu quand je le faisais... rétorqua aussitôt Michael, impassible, en démarrant la voiture. Avoue que tu as hâte que je m'y remette, mon Yoichi adoré."
Le grommellement et l'odeur plus forte des phéromones de son cher et tendre lui indiqua bien vite la véracité de ses propos, bien que l'Omega refuse de l'admettre de vive voix.
Michael, en grand seigneur qu'il était, décida de laisser son mari tranquille le temps du trajet et se reconcentra sur la route.
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"On est rentré !"
"Bon retour à la maison, Yocchan, Mii-Kun ! intervint joyeusement Iyo tout en tenant la porte d'entrée grande ouverte, ajouta rapidement en direction de son petit-fils. Touchan, ne t'approche pas, tes parents doivent entrer avec le sapin, c'est dangereux."
Yoichi lança un regard empli de reconnaissance à sa mère, le souffle court à force de soulever l'arbre, bien qu'il ne soit pas seul à le tenir. Il avança lentement jusqu'au salon, conjointement avec son mari, pour déposer l'énorme arbre sur la place qui lui était attribuée.
Il soupira de soulagement quand il eut enfin les bras libres, ignorant le regard que lui lança Michael, pressentant d'avance ce qu'il allait dire. Il enleva son manteau et tapota dessus afin d'enlever les aiguilles du sapin qui s'y étaient accrochées, imité par Michael.
Il vérifia brièvement son manteau et récupéra celui de son compagnon, afin d'aller les ranger dans le placard prévu à cet effet.
Une fois qu'il fut hors de la pièce, le regard de Michael coula sur leur fille aînée, tranquillement installée sur le tapis le plus éloigné de là où il était, pour lire son histoire préférée. La petite blonde s'illumina quand elle s'aperçut de sa présence, refermant le livre et le laissant à même le sol, pour se précipiter vers l'Alpha.
"Bon retour, papa ! s'écria-t-elle, se stoppant à un pas de lui, consciente qu'il refuserait tant que les épines n'avaient pas été enlevées. Il est trop beau le sapin ! C'est celui que Touma a choisi la dernière fois ? Où est maman ?"
Elle gloussa joyeusement lorsque son père lui tapota doucement la tête, ravie d'avoir toute son attention.
"Il est allé poser nos vestes, il va sûrement en profiter pour se laver les mains et voir ta soeur, lui expliqua-t-il sans donner plus de détails. Tout s'est bien passé pendant notre absence ? "
Maria hocha vivement la tête, sa queue de cheval se balançant dans le mouvement, son regard glissant de temps à autre sur le sapin, encore dépourvu de décorations, et son père.
"J'ai aidé Mamie à préparer à manger pendant que Romi dormait ! Elle s'est réveillée mais avec Mamie, on l'a changée et elle s'est rendormie ! Et Touma, il a joué avec Papy dehors, il lui a jeté plein de neige dessus ! Papy est monté se changer, sinon il a dit qu'il serait malade."
Le cœur de Michael se réchauffa en l'entendant parler si tendrement de sa petite sœur, ainsi que de son petit frère, en dépit des petites bêtises de ce dernier.
"Papy a aussi dit qu'il irait chercher les décorations au grenier, quand il aura fini, ajouta Maria. Maman dit que Papy est trop vieux pour pleins de choses, mais il a pas dit c'est quoi. Papy a droit de monter là bas ? C'est pas dangereux ?"
Michael soupira intérieurement, certain que Yoichi ne savait pas que son père allait s'aventurer au grenier, seul. Il lança un sourire rassurant à sa progéniture, ne voulant pas l'angoisser inutilement.
"Tout ira bien, ton grand-père est solide, maman s'inquiète beaucoup en ce moment. Mais si ça peut vous faire plaisir à maman et toi, j'irais voir pour surveiller qu'il ne lui arrive rien. Après, j'irais me changer et on pourra faire la décoration du sapin avec maman et ton petit frère."
"Avec Papy, Mamie et Romi aussi !" s'exclama aussitôt Maria.
"Oui, avec Papy, Mamie aussi..." promit l'Alpha, l'air amusé par son enthousiasme.
Il embrassa le haut du crâne de la petite fille, faisant très attention à ne pas gâcher la coiffure que sa grand-mère lui avait faite, puis sortit du salon.
Il jeta un dernier coup d'œil à l'intérieur de la pièce, son cœur se réchauffant d'affection quand il vit sa fille récupérer son livre et s'allonger sur le canapé, replongeant dans sa lecture.
Il se dirigea à l'entrée pour enlever ses chaussures et les ranger dans le placard, n'ayant pas pu le faire avant, avec le sapin à installer au salon. Une fois que ce fut fait, il décida de passer rapidement voir si Touma était toujours avec sa grand-mère, qu'il savait être retournée à la cuisine, pour préparer une partie du repas du soir.
Il passa à peine la tête à l'entrée de la cuisine afin de ne pas troubler le moment partagé entre Iyo et le tout petit, les observa silencieusement interagir pendant quelques minutes.
Touma était installé dans sa chaise, celle que Issei et Iyo leur avait offert pour Maria et qu'ils avaient gardé pour Touma, en train d'aider à sa façon sa grand-mère. Cette dernière, restée à proximité du bambin, mélangeait quelque chose dans le saladier, chantonnant avec le petit la mélodie préférée de Yoichi.
"Oma, Oma ! s'écria joyeusement Touma, n'ayant pas remarqué que son père était caché à l'entrée. C'est bien mélangé ?"
"C'est très bien Touchan... opina Iyo, tout en enlevant du bout des doigts une tâche sur la joue de l'enfant. Maintenant, il ne reste plus..."
Michael écouta distraitement la conversation entre elle et Touma, hypnotisé par la façon dont la sexagénaire se comportait avec son fils.
Il s'était accoutumé au fil des années, pratiquement deux décennies, à la chaleur d'une famille unie et aimante. Et assister à l'enfance heureuse, très éloignée de la sienne, de sa propre progéniture le troublait parfois plus que de raison.
Michael sortit de sa torpeur lorsque le regard de Iyo croisa le sien, ne s'attendant pas à être repéré par sa belle-mère ou son fils. La Beta lui fit un clin d'œil discret, tout en retournant à la discussion avec son petit-fils, permettant ainsi à l'Alpha de partir sans être repéré.
Il se faufila à l'étage le plus discrètement possible, pressé de pouvoir enfin se changer et de se laver les mains.
Il fut à peine décontenancé de voir son beau-père dans le couloir, venant tout juste de descendre du grenier, avec un carton rempli de guirlandes et autres décorations. Le visage du Beta s'illumina en voyant son gendre, qu'il n'avait pas vu arriver.
"Oh, Michael ! s'exclama le vieil homme, sur un ton moins fort que d'habitude. Bon putain de retour, fiston !"
"Je suis rentré, Issei... rétorqua Michael, accoutumé aux salutations taquines du sexagénaire, sur la même intonation. Vous êtes vraiment monté seul là bas? Yoichi ne vous a pas vu, je suppose."
Issei secoua négativement la tête, raffermit son emprise sur la boîte de carton.
"Romi s'est mise à pleurer dès que Yoichi est arrivé dans le palier. Il n'a pas dû remarquer que j'étais déjà dans le grenier, avec la petite qui le réclamait. Le sapin est déjà installé ?"
"Il ne reste plus qu'à balayer autour pour que personne ne se prenne des aiguilles du sapin aux pieds, confirma Michael. Je vais me changer et..."
"Laisse, je gère ! le coupa joyeusement Issei. Je n'ai pas pu venir avec toi, je peux au moins participer comme ça. Surtout que ma femme est avec Touma, je ne vais pas lui imposer le nettoyage. Et à toi et Yoichi non plus ! Prenez votre temps, on vous attendra pour la suite !"
Sur ce, et sans attendre la moindre contestation de la part de Michael, il fila pour retourner à l'étage inférieur.
Michael attendit quelques instants le temps qu'il n'entende plus son beau-père descendre les marchés, en prévision d'un risque de chutes, aussi peu risqué que ce soit. Quand plus un bruit ne se fit entendre dans les escaliers, il reprit sa marche jusqu'à sa chambre, dont la porte était restée entrouverte.
Il resta immobile devant la chambre pendant quelques minutes, humant l'odeur de lait qui s'en échappait, mélangé aux phéromones de roses et de myrtilles de son compagnon. Il ouvrit la porte avec une précaution toute particulière et se faufila à l'intérieur, espérant que Yoichi ne s'était pas rendormi, avec le bébé sur lui.
"T'en as mis du temps à venir, Mihya."
L'Alpha leva les yeux vers son mari, visiblement pas endormi, qui le dévisageait avec un air à la fois tendre et moqueur.
Yoichi était confortablement installé dans leur lit, son nid - composé de ses vêtements et des couvertures de nidification - l'entourant comme un rempart. Il avait la poitrine découverte et tenait Romi tout contre lui pour qu'elle puisse se nourrir de tout son saoul, ses bruits de succion étant parfaitement perceptible pour Michael.
Ce dernier se dépêcha d'aller se laver les mains dans la salle de bain attenante à la chambre, puis vint s'asseoir aux côtés de Yoichi, sur le lit. Il effleura du bout des doigts la chevelure du nourrisson, d'un blond plus foncé que les siens, hypnotisé par la façon dont la petite restait collée tout contre Yoichi.
"J'arrive pas à croire que mon père soit vraiment monté tout seul pour récupérer les décos au lieu d'attendre." grommela Yoichi.
"Tu l'as entendu alors que tu avais Romi avec toi? s'étonna Michael. Il m'a dit que t'avais pas fait gaffe..."
Yoichi renifla, faisant bien attention à tenir correctement le bébé, comme s'il se doutait de ce que son compagnon avait dit.
"Ouais je l'ai entendu te parler. Et évidemment que j'avais entendu quand il montait l'échelle, il n'était pas suffisamment discret pour moi."
Michael fredonna en guise d'affirmation, le regard toujours rivé sur leur fille, qui avait fini par lâcher le mamelon de sa maman, temporairement rassasié.
"Ça lui fait plaisir de nous aider avec les préparatifs. Il n'a pas apprécié son éviction pour chercher le sapin, même si ça part d'un bon sentiment."
Yoichi soupira longuement, tout en installant la petite tout contre lui, pour lui faire faire son rot.
"Maman a dit qu'il ne devait pas trop forcé, après son dernier bilan de santé. Si jamais il lui arrive quelque chose et que..."
"On peut très bien déménager pour vivre près de tes parents, si tu t'inquiètes tant... le coupa son mari, les bras tendus pour tenir la petite. Les enfants sauront très bien s'adapter à la vie au Japon, ils ont de qui tenir, après tout."
Un petit sourire fleurit sur ses lèvres en voyant le joli minois de leur fille se froncer brièvement, consciente de ne plus être avec sa maman, une fois qu'il l'eut dans les bras.
Son regard coula sur Yoichi, qui profitait d'avoir les mains libres afin de se rhabiller, ne manquant pas la mine pensive de l'Omega.
"Ça me plairait bien d'y revivre... reconnut Yoichi. D'un côté, on ne peut pas prendre notre retraite sans en parler aux responsables du club et à nos managers. Et je ne pense pas que mes parents soient ravis que je m'arrête juste pour leur faire plaisir. Ils ont toujours fait en sorte que je fasse mes propres choix et ça a bien marché jusque là. De toute façon... conclut-il, finissant de boutonner sa chemise. Qu'importe quand on compte partir, on déménagera au Japon dans les dix prochaines années au grand max."
Michael éclata de rire au ton employé par Yoichi, surprenant Romi au passage, bien qu'elle resta recroquevillée tout contre l'Alpha.
"Meine Liebe, pas besoin de te mettre la pression, t'es encore loin de la retraite ! Tu peux encore écraser tous les adversaires qui se mettent sur ta route. Sauf moi, évidemment."
"Ouais, ouais cause toujours mais toi aussi tu vas raccrocher tes crampons un de ces quatre ! rétorqua Yoichi. On ferait mieux de descendre, les enfants vont finir par s'impatienter."
Une vingtaine de minutes plus tard...
"C'est à qui de choisir la prochaine décoration ? Touma, non, tu as déjà fait ton tour."
Yoichi rit doucement en voyant la moue boudeuse que fit Touma à l'annonce de son père, tout en se pelotonnant plus confortablement tout contre l'Alpha.
"Mais Papa ! protesta aussitôt le bambin. Romi est petite alors je fais pour elle ! Parce que je suis son g'and f'ère !"
Il ponctua sa petite déclaration d'une pose adorablement drôle, debout tout près de sa petite sœur, tenue par leur grand-mère.
Yoichi leva la tête vers son mari, ayant senti à quel point ce dernier était aussi heureux que lui de constater que leur fils affichait toujours aussi fièrement son affection envers sa petite sœur. Il n'eut pas besoin de réfléchir davantage à la question, acquiesça d'un bref signe de tête de Touma.
"Très bien, grand frère, prend donc une boule pour la mettre à la place de ta soeur."
La joie qui illumina le visage du garçonnet fit fondre Yoichi, tant il pouvait voir le reflet de son mari en lui, malgré le peu de ressemblance physique. Sans compter le côté légèrement pleurnicheur, chose que ses parents pointaient souvent, pour taquiner leur fils.
"Maman, à toi !"
Yoichi fredonna en guise d'accord, se dégagea de l'emprise - et des cuisses - de son mari, pour prendre une décoration dans le carton. Un doux sourire se forma sur ses lèvres, quand il vit celle qu'il avait récupérée.
Il s'agissait de celle que Michael lui avait offerte lors d'une de leur visite au marché de Noël quand il était enceint de Maria, dix ans auparavant. Elle était de la même couleur que ses yeux, avec des ballons de foot les représentant tous les trois, lui avec ses puzzles, Michael avec des roses et Maria avec des petites pattes de chats.
Il alla la mettre sur la branche juste au-dessus de celle où il y avait celle que Michael lui avait offerte, trois ans plus tôt, en cadeau pour la naissance de leur fils.
Il se tourna vers Michael, le regard brillant d'affection, en lui tendant la dernière boule de neige qu'il lui avait offerte, cette fois-ci pour leur petite Romi.
"À ton tour, Mi... Papa."
Michael se leva à son tour et prit délicatement la boule des mains de Yoichi, sous les exclamations impatientes de leurs aînés. Il profita d'avoir son mari face à lui afin de lui embrasser le front, malgré ses faibles protestations.
Une lueur amusée illumina son regard en voyant son compagnon grommeler et rougir à son geste, indubitablement embarrassé. Il le regarda aller vers le canapé pour récupérer leur benjamine des bras de Iyo, la fillette ayant commencé à râler faiblement.
Il attendit que son partenaire soit assis à côté de sa mère, Romi confortablement installé au creux de ses bras, avant de finalement se tourner vers le sapin. Il ne mis pas longtemps à choisir une place, sur la branche juste au-dessus de celle que venait d'utiliser Yoichi.
Le reste de la décoration du sapin se déroula dans un joyeux brouhaha entre les guirlandes - lumineuses ou non - et les autres boules et fabrications faites par les enfants. Après diverses vérifications, il ne resta plus qu'une dernière chose à installer, tout en haut de l'arbre.
"L'étoile ! s'écria Touma, en sortant la décoration de sa boîte, pour la montrer à Maria. G'ande soeur, tiens à toi !"
Il fronça les sourcils en la voyant décliner d'un petit signe de tête, et lever les yeux vers Michael et Yoichi.
"Maman, papa, Touma peut mettre l'étoile à ma place cette fois ? Je suis grande maintenant, c'est à son tour de le faire."
Touma, les yeux écarquillés de surprise à la demande de sa soeur, dévisagea tour à tour leurs parents, impatient de connaître leur réponse.
"C'est d'accord, ce sera Touma, cette année..." opina Yoichi.
"Maria, c'est toi qui allumera les guirlandes, à la place." renchérit Michael
Touma sautilla sur place, fou de joie, à l'annonce de sa maman.
"Génial !!!! Merci maman, merci g'ande soeur !"
Il tient tout contre lui l'étoile et se précipita jusqu'au sapin ses petits bras tendus pour tenter, sans succès de mettre l'étoile tout en haut. Il se tourna vers ses parents et grands-parents, au bord des larmes, comprenant qu'il ne pouvait pas y arriver seul.
"On va t'aider, mon petit moineau... le rassura aussitôt Yoichi, laissa de nouveau sa mère prendre Romi, jeta un coup d'oeil sur Michael. Papa, viens porter Touma avec moi."
Le couple vint se positionner chacun d'un côté du bambin afin de le soulever, lui permettant ainsi d'être à hauteur du sommet du sapin.
Au bout de quelques minutes, et après de bruyants encouragements de la part de toute la famille, Touma parvint à mettre correctement l'étoile en place.
Le bambin rougit aux applaudissements de ses grands-parents et de sa grande sœur, se cacha contre les jambes de ses parents, qui l'avaient déposé par terre entretemps.
"Ne sois pas si gêné Touma... répliqua doucement Yoichi en lui tapotant affectueusement sur la tête. Tu as très bien fait, on est fier de toi."
"Maman a raison, renchérit Michael. Bon, le sapin est prêt, il ne reste plus qu'une chose à faire. Maria, tu t'en occupes ?"
"Oui, papa !"
La petite Maria descendit joyeusement du canapé et s'agenouilla devant le sapin, pour appuyer sur l'interrupteur des guirlandes, caché des mains imprudentes.
L'expression émerveillée sur sa mine et celle de son frère, lorsqu'ils virent les petites lumières rouges et vertes luire, fit sourire Michael et Yoichi.
Ils ne pourraient jamais se lasser de voir le bonheur, face à un tel spectacle, sur le visage de leurs enfants.
Yoichi leva les yeux vers Michael, nullement surpris de croiser son regard, l'affection illuminant ses pupilles bleues. Lien ou pas, il n'avait pas besoin de paroles pour savoir que son mari pensait comme lui.
Vivement que Romi soit suffisamment grande pour admirer avec son frère et sa soeur les décorations du sapin.
